Le quartier des Eaux-Vives, à Genève, connaît depuis plusieurs années une dynamique de rénovation soutenue, portée notamment par les objectifs cantonaux de transition énergétique du parc immobilier. Pour les professionnels de l'immobilier, qu'ils soient courtiers, gérants ou investisseurs, identifier précisément où se concentrent ces travaux constitue un enjeu stratégique. Repérer un immeuble en cours de transformation permet en effet d'anticiper une remise sur le marché, de détecter des opportunités de valorisation ou encore d'ajuster une stratégie de prospection commerciale.
Cette semaine, l'outil d'intelligence artificielle de Lamap, LIA, s'est penché sur les projets de rénovation énergétique autorisés aux Eaux-Vives depuis le début de 2024. L'objectif de cette démarche est de cartographier les secteurs où l'activité de rénovation est la plus intense, en croisant les données d'autorisations de construire disponibles avec la localisation géographique des immeubles concernés. Cette approche permet de dépasser la simple observation ponctuelle d'un chantier pour construire une vision d'ensemble du quartier, utile pour comprendre les dynamiques de fond du marché genevois.
Les rénovations énergétiques recouvrent généralement des travaux tels que l'isolation thermique des façades et des toitures, le remplacement des systèmes de chauffage, ou encore l'installation de panneaux solaires. Ces interventions, souvent encouragées par des subventions cantonales, s'inscrivent dans une logique de mise en conformité avec les exigences environnementales toujours plus strictes en Suisse. Pour un immeuble ancien, ce type de rénovation représente également une opportunité de revalorisation significative, tant sur le plan locatif que sur celui de la valeur de revente.
Pour un professionnel de l'immobilier, savoir qu'un immeuble a obtenu une autorisation de rénovation énergétique constitue un signal précieux. Cela peut indiquer qu'un propriétaire institutionnel ou privé investit dans son patrimoine, ce qui ouvre la porte à des échanges commerciaux: mandat de gérance, accompagnement dans la commercialisation des surfaces rénovées, ou encore conseil en stratégie patrimoniale. À l'inverse, l'absence de travaux dans certains secteurs peut révéler des immeubles vieillissants susceptibles de faire l'objet d'une transaction à moyen terme, ouvrant d'autres types d'opportunités.
Cette capacité à croiser les données de permis de construire avec une lecture géographique fine du marché illustre l'apport concret de l'intelligence artificielle dans le secteur immobilier suisse. Plutôt que de parcourir manuellement les registres d'autorisations commune par commune, les outils comme LIA permettent de gagner un temps considérable et de structurer une information autrement dispersée. Cette approche s'inscrit dans une tendance plus large de digitalisation de la veille immobilière, où la donnée devient un outil de décision à part entière plutôt qu'une simple archive administrative.
Au-delà des Eaux-Vives, cette méthode d'analyse peut être répliquée sur d'autres quartiers ou communes genevoises, voire étendue à d'autres cantons suisses selon les besoins des professionnels. Lamap invite d'ailleurs sa communauté à proposer de nouvelles thématiques de recherche: identification de zones à fort potentiel de transformation, suivi des ventes par typologie de bien, ou analyse des tendances de prix par secteur. Ces suggestions permettent d'orienter les prochaines analyses publiées et de renforcer l'utilité pratique de ces données pour l'ensemble des acteurs du marché immobilier suisse.